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La Banque du Botswana relève son taux directeur pour freiner la tension sur le marché monétaire

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En faisant passer le taux directeur de 1,9 à 3,5%, la Banque centrale botswanaise tente de restaurer la confiance dans son système financier, tout en composant avec un modèle économique trop dépendant du diamant, qui a longtemps fait sa richesse.

La Banque du Botswana a annoncé, le jeudi 30 octobre 2025, une hausse spectaculaire de son principal taux directeur, passé de 1,9 à 3,5 %. Une décision destinée à contenir la flambée des taux du marché interbancaire, alimentée par un manque de liquidités et un ralentissement économique marqué.

Depuis plusieurs mois, les banques commerciales du pays augmentent leurs taux de prêt. En cause : une raréfaction de la liquidité provoquée par la chute des revenus tirés du diamant pilier de l’économie botswanaise et par un endettement croissant de l’État pour financer le déficit budgétaire. Face à cette situation, la Banque centrale entend reprendre la main.

Le gouverneur Cornelius Dekop (photo) a expliqué que ce relèvement vise à « améliorer la transmission de la politique monétaire et à stabiliser le système financier ». Il a par ailleurs demandé aux banques de ne pas répercuter cette hausse par une nouvelle augmentation de leurs taux de base.

Le Botswana, longtemps présenté comme un modèle de stabilité économique en Afrique australe, traverse une conjoncture difficile. Après une contraction du PIB en 2024, il devrait connaître une nouvelle baisse de croissance cette année, selon les prévisions officielles.

La dégradation récente de la note souveraine du pays par l’agence Moody’s illustre cette fragilité. L’agence a notamment pointé la lente adaptation du gouvernement à la crise du secteur diamantifère et la montée de l’endettement public.

Côté inflation, les prix à la consommation ont progressé de 3,7 % en septembre sur un an, contre 1,4 % en août. Un rebond notable, mais qui reste dans la cible fixée par la Banque centrale, comprise entre 3 et 6 %. Celle-ci anticipe toutefois une accélération à près de 6 % en 2026.