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310 à 365 milliards $ annuels : le défi de l’adaptation climatique pour les pays en développement

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Face au réchauffement climatique, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Les moins avancés, qui sont aussi parmi les plus touchés, voient leurs moyens pour affronter les conséquences du phénomène relativement limité.

Il faudra plus de financement pour permettre aux pays en développement de s’adapter au changement climatique sur la prochaine décennie. C’est ce qu’estime l’« Adaptation Gap Report 2025 : Running on Empty » publié le mercredi 29 octobre par le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE). Selon l’organisation onusienne, une enveloppe comprise entre 310 et 365 milliards USD par an d’ici 2035 est désormais requise pour permettre à ces États de faire face aux effets du réchauffement climatique.

Cela comprend un large spectre d’interventions, allant par exemple de la construction de protections contre les inondations (digues, barrages ou bassins de rétention) à l’introduction de cultures résistantes à la sécheresse ou à la salinité, en passant par la restauration des mangroves et des zones humides. Ce nouveau chiffrage vient actualiser les précédentes estimations du Nouvel objectif collectif quantifié (NCQG), qui prévoyait au moins 300 milliards USD d’ici 2035 pour financer à la fois l’atténuation et l’adaptation.

Alors que les pays développés se sont engagés à augmenter leurs efforts financiers, le rapport dresse un autre constat. Selon les calculs des auteurs, les flux de financements publics internationaux consacrés à l’adaptation vers les pays en développement se sont élevés à 26 milliards USD en 2023, contre 28 milliards en 2022. « La croissance annuelle de ces flux financiers a été en moyenne d’environ 7 % par an entre 2019 et 2023, soit un rythme inférieur à l’augmentation annuelle de 12 % nécessaire pour atteindre l’objectif du Pacte climatique de Glasgow, qui prévoit un doublement des financements d’ici 2025 [à 40 milliards $, Ndlr.]. Les annonces récentes laissent par ailleurs penser que cet objectif pourrait ne pas être atteint », détaillent-ils.

Au total, les besoins pour l’adaptation dans les pays en développement sont 12 à 14 fois supérieurs aux engagements actuels des nations industrialisées. D’après le PNUE, ce fossé entre les attentes et la réalité sur le terrain financier existe dans un contexte pourtant marqué par des efforts notables. Le rapport révèle ainsi que plus de 172 pays, soit 87 % des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), disposent désormais d’un instrument national de planification pour l’adaptation.

« Cela représente une légère progression par rapport à l’année précédente, et s’inscrit dans la tendance observée ces dernières années, à mesure que le monde se rapproche de l’objectif fixé pour 2030, à savoir que tous les pays adoptent un plan, une stratégie ou une politique nationale d’adaptation, conformément au cadre émirati pour la résilience climatique mondiale (UAE FGCR) », explique le document.

À moins de deux semaines de la 30e conférence mondiale pour le climat (COP30) à Belem au Brésil, ce rapport vient rappeler que la question des financements sera plus que jamais centrale dans les négociations.