Le Conseil de sécurité de l’ONU a lancé mercredi un appel au calme en République démocratique du Congo (RDC) et insisté sur « l’importance cruciale » de la tenue d’une élection présidentielle « dans le respect de la constitution ». Le président Joseph Kabila a quant à lui présenté ses condoléances aux victimes dans un communiqué et renouvelé son appel au dialogue.
Les membres du Conseil de sécurité « condamnent fortement la violence qui a déjà conduit à la mort d’au moins 32 personnes, dont quatre policiers », lundi et mardi à Kinshasa, selon la déclaration.
Une élection coûte que coûte selon l’ONU
Ils appellent « toutes les parties à éviter de futures violences et provocations et à régler pacifiquement leurs différends » et demandent aux autorités de « respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, particulièrement la liberté de rassemblement ».
Le Conseil de sécurité a insisté sur « l’importance cruciale de la tenue d’une élection présidentielle pacifique, crédible, transparente, dans les délais opportuns et dans le respect de la constitution ».
Pendant deux jours, Kinshasa a été le théâtre de violences au bilan toujours disparate : l’opposition dénombre 100 morts et plus de 1000 blessés, tandis que les autorités pour leur part font état de 32 morts, « pour beaucoup par balles ». Des heurts ont éclaté en marge d’une manifestation consécutive à l’appel du « Rassemblement » constitué autour du vieil opposant Étienne Tshisekedi à trois mois et un jour de la fin du mandat du président en exercice, Joseph Kabila, pour lui signifier son « préavis ».
« Dialogue national » menacé
Dans un communiqué diffusé mercredi, Joseph Kabila a présenté ses condoléances aux familles endeuillées, promettant « aux victimes tout son soutien à l’action judiciaire engagée ce mercredi ». Une déclaration qui emboîte le pas de celle du Procureur général de la République qui s’est engagé à poursuivre les auteurs de ces crimes. « La police nationale a été saisie pour rechercher activement les auteurs matériels et intellectuels de ces faits graves d’assassinat. Il y a eu mort d’hommes, des pillages, des vols à l’aide de violence, des tentatives de viol, des viols. »
« Le recours à l’insurrection ne peut constituer une alternative au dialogue en cours », indique aussi Joseph Kabila dans son communiqué. Enfin, il appelle à rejoindre le dialogue national « en vue de renforcer le consensus électoral et politique en construction et d’épargner à notre peuple des souffrances injustifiées ».
Un dialogue national qui a pourtant sérieusement du plomb dans l’aile. Une partie de l’opposition a en effet choisi de le boycotter dès son ouverture le 1er septembre, et plus récemment, l’Union africaine et la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ont annoncé qu’elles suspendaient leur participation, « par respect pour les victimes », « pour faire le deuil et rechercher un consensus plus large ».
avec jeuneafrique