La banque a annoncé lundi soir, dans le cadre de son plan stratégique à trois ans qui sera détaillé ce mardi, une nouvelle vague de fermetures d’agences qui pourrait conduire à ces suppressions de postes qui s’ajoutent aux 2.500 déjà annoncées début 2016.
Nouvelle vague de suppressions d’emplois et de fermetures d’agences à la Société Générale : la banque de La Défense a annoncé ce lundi soir un projet d’« adaptation » de son réseau de banque de détail dans le cadre de son plan stratégique à horizon 2020 qui sera présenté ce mardi aux investisseurs, baptisé « Transform to grow » – « se transformer pour grandir », ou croître, en anglais, une ironie que les salariés apprécieront. La Société Générale a détaillé ce lundi aux partenaires sociaux ce nouveau plan social :
« Ce plan pourrait conduire à environ 900 suppressions de postes en complément des 2.550 déjà annoncées début 2016, portant leur nombre total à environ 3.450 à l’horizon 2020 » écrit la banque dans un communiqué. […] « ce projet se réaliserait sur la base, en priorité de mobilités internes, et aussi de départs naturels et volontaires », assure-t-elle.
Mais elle n’exclut donc pas des licenciements.
Le syndicat FO Société Générale a réagi vertement ce mardi matin sur son site web :
« Il ne s’agit plus là de « respect de dialogue social » mais de casse sociale et les dérives observées dans le « traitement » social des départs « volontaires » dans le réseau ne présagent rien de bon pour les salariés » [que] « cette stratégie [prend] pour une variable d’ajustement, pour un pion dans un jeu d’échec truqué. »
Cette réorganisation aura un impact exceptionnel d’environ 400 millions d’euros dans les comptes du quatrième trimestre (la provision portera également sur « l’accélération de la mise à niveau de certains dispositifs de conformité »).
L’une des priorités du plan stratégique est la maîtrise des coûts: la banque veut réaliser « un nouveau plan d’économies de 1,1 milliard d’euros à horizon 2020. »
En Bourse, la Soc Gen accuse la pire performance boursière des plus grandes banques de la zone euro depuis le début de l’année, en repli de 8%.
Moins d’agences et de plus gros clients
La Soc Gen dit vouloir « accélérer la transformation, notamment digitale, de l’ensemble des métiers et des fonctions et particulièrement dans la Banque de détail en France », soulignant le contexte d’un « monde bancaire européen en pleine mutation industrielle. » Elle précise dans son plan stratégique que son réseau passera de 2.000 à 1.700 agences dans trois ans. « En 2020, la banque sera en situation de préparer la prochaine étape de la transformation de son modèle », indique-t-elle.
Le groupe affirme son positionnement haut de gamme, sauf pour Boursorama, leader de la banque en ligne, qui doit doubler le nombre de ses clients à plus de 2 millions d’ici 2020. Il se présente en effet comme « la troisième banque de détail en France » (sur la base du produit net bancaire de 2016), « essentiellement avec ses deux réseaux traditionnels : Société Générale et Crédit du Nord, qui visent de plus en plus à fournir des services sophistiqués et à valeur ajoutée aux entreprises, aux professionnels et aux clients patrimoniaux et fortunés. » Exit les petites agences et les clients peu rentables donc. La banque de détail en France devra augmenter ses revenus de plus de 1% par an en vendant plus d’assurance (vie, prévoyance, etc), grâce à la banque privée et aux pros et entreprises.
La Soc Gen compte aussi réduire de 20 à 14 le nombre des plateformes de back-office et automatiser 80 % des processus internes « front-to-back » d’ici 2020.
« Notre ambition est ainsi de générer une croissance supérieure, rentable, et durable. Dans un monde bancaire européen en pleine mutation industrielle, notre groupe est prêt à aborder une nouvelle étape de son développement et de sa transformation », déclare Frédéric Oudéa, le directeur général de la banque, qui semble préparer la mariée en vue d’une fusion :
« Société Générale sera dès lors en position de force pour participer à l’achèvement de la construction d’un secteur bancaire européen plus intégré », conclut-il dans le communiqué.
Avec Latribune