Le 70e Festival de Cannes a consacré le film «The Square» du réalisateur suédois Ruben Östlund. Si ce dernier est inconnu du grand public, il a déjà obtenu de nombreux prix internationaux.
Et la Palme d’or est décernée à… «The Square» de Ruben Östlund. Dimanche, le président du jury du Festival de Cannes Pedro Almodovar a surpris… ceux qui ne connaissent pas le cinéma contemporain. Si la critique française est très partagée sur la nouvelle Palme d’or, «The Square» figurait parmi les favoris de la presse internationale, si l’on en croit le panel de «Screen International». Ruben Östlund connaissait cette année son premier passage en compétition lors du 70e Festival de Cannes, mais il avait présenté ses trois films précédents dans des sections parallèles – «Happy Sweden» et «Snow Therapy» dans la section Un Certain Regard, «Play» à la Quinzaine des réalisateurs. Son précédent film, «Snow Therapy», tourné en partie dans la station des Arcs en France, avait été récompensé d’un prix du jury de la section Un Certain Regard.
Un ancien réalisateur… de film de skis
Né dans une ville de la banlieue de Göteborg, la deuxième ville la plus peuplée de Suède, en 1974, Claes Olle Ruben Östlund s’est d’abord fait connaître… en réalisant des documentaires sur le monde du ski. Il a ensuite été diplômé de l’université de Göteborg, au sein de laquelle il a rencontré Erik Hemmendorff (qu’il a remercié de vive voix dimanche soir), qui deviendra le producteur de l’ensemble de ses réalisations. Ensemble, ils créent la structure Plattform Produktion en 2002. Un premier film nait en 2004, «The Guitar Mongoloid», récompensé du prix de la critique internationale au Festival de Moscou. C’est avec son film suivant «Happy Sweden» que Ruben Östlund acquiert une solide réputation, en 2008. Le film obtient cinq nominations aux Oscars locaux et pose les fondations de la méthode Ruben Östlund, un assemblage de scènes où le rire se confond avec le malaise et qui développe peu à peu un propos souvent ironique et grinçant sur la nature humaine.
« Play », son meilleur film
Récompensé d’un Ours d’or à Berlin pour son court métrage «Incident by a Bank» en 2010, Ruben Östlund crée la controverse en 2011 avec «Play», sans doute son meilleur film. Il y filme des enfants de la bourgeoise suédoise rackettés par des jeunes de quartiers plus défavorisés, mais en gardant une distance qui empêche tout jugement facile. Film sur l’opposition entre la violence sociale et la violence physique que l’on retrouve en un sens dans «The Square», «Play» a remporté deux César locaux. Le film est resté inédit en France.
La bande-annonce de «Play»
Primé à Un Certain Regard, «Snow Therapy» – film qui sera diffusé ce lundi soir sur Arte – était plus «léger» sur le plan thématique, mais déjà sur la lâcheté masculine – thème abordé également dans «The Square». Sorti en janvier 2015, le film avait trouvé son public en France avec plus de 177 000 entrées dans les salles françaises. La même année, il avait diffusé une hilarante vidéo sur les nominations aux Oscars et sa non-sélection.
Ruben Östlund cite comme ses maîtres cinématographiques son compatriote Roy Andersson et le cinéaste espagnol Luis Bunuel. Du premier, il a «hérité» de l’humour à froid et du sens graphique de sa mise en scène, du second, la satire sociale et anti-bourgeoise de ses films.
Avec parismatch