Lundi, Ibrahim Magu, le chef de la principale agence anticorruption (EFCC), a déclaré qu’il veut que l’ancienne ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke (photo), impliquée dans des détournements de plusieurs milliards de dollars sous le régime Jonathan, soit extradée de Grande-Bretagne afin d’être jugée au Nigeria.
Outre le Nigeria, l’ancienne patronne de l’OPEP est poursuivie en Grande-Bretagne pour corruption et blanchiment d’argent. Elle y avait été arrêtée fin 2015, puis libérée sous caution. Cependant, l’affaire est toujours en cours et Magu estime que la procédure devant les tribunaux londoniens est trop longue.
« Si vous ne pouvez pas la poursuivre, amenez-la ici. Nous la poursuivrons en justice […] Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment comme cela. Je pense que trois ans et plus suffisent pour la poursuivre en justice », a-t-il affirmé selon des propos rapportés par le Daily Mail. Et de poursuivre : « Il n’y a pas de poursuites là-bas, personne ne la poursuit. C’est pourquoi j’ai dit d’entamer une procédure d’extradition ».
Pour sa part, l’ancienne ministre, aujourd’hui âgée de 57 ans, nie les accusations. Il faut toutefois noter que depuis le début de l’enquête en 2015, entre autres, un parc immobilier de 500 millions de dollars au Nigeria, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis appartenant à Diezani Alison-Madueke a été saisi.
Au Nigeria, le modus operandi de l’EFCC est souvent critiqué. Certains observateurs estiment que si la lutte contre la corruption engagée par le nouveau pouvoir est une bonne initiative, elle est parfois mal exécutée laissant croire à de l’acharnement politique.
Avec agenceecofin