L’idée d’une nouvelle taxation des géants de l’internet, poussée par Paris depuis plusieurs semaines, est au menu du premier sommet européen consacré à l’économie numérique qui s’ouvre ce vendredi à Tallinn avec l’objectif de faire de l’Union européenne un leader mondial dans ce domaine.
Mais il y a un autre sujet majeur sur lequel les 28 membres vont essayer de s’entendre et qui revêt une importance économique majeure pour les startups: la création d’un marché unique des données non personnelles en Europe.
Le Président de la Commission européenne a d’ailleurs évoqué ce sujet dans une lettre séparée à l’occasion de son discours sur l’Etat de l’Union. Jean-Claude Juncker milite ainsi pour lancer dès 2018 un « train de mesures relatif aux données visant à libérer le potentiel de l’économie de la donnée grâce à la libre circulation des données à caractère non personnel à l’intérieur de l’UE ».
« Le but de cet événement sera notamment d’élaborer une feuille de route pour permettre la création d’un marché unique européen des données, qui est devenue une urgence », confirme au Figaro, Viljar Lubi, le ministre estonien de l’Économie.(…) »
« Individuellement, que nous le voulions ou non, les pays européens sont encore des acteurs minoritaires sur ce secteur, même la France ou l’Allemagne. Les États-Unis, la Chine et l’Inde sont de leur côté à même de mettre à profit une masse critique de données pour doper leurs capacités d’innovation. »
Aujourd’hui, un Etat-membre peut imposer à des entreprises de stocker et traiter les données à l’intérieur de ses frontières, en partant du principe que les services localisés sont plus sûrs que les services transfrontaliers.
En faisant sauter ces verrous, Bruxelles estime que le poids de l’économie fondée sur les données pourrait « doubler les prochaines années, pour atteindre 4% du PIB européen », indiquent Les Echos.
Le PIB de l’UE en 2015 était de 14.600 milliards d’euros. Si on prend cette base, le poids potentiel de l’économie de la donnée pourrait être d’au moins 584 milliards d’euros.
En effe, les défenseurs de la libéralisation des données — dont le vice-président de la Commission européenne, l’Estonien Andus Ansip — expliquent que les entreprises seraient plus innovantes.
« Les données techniques ou commerciales ne permettant pas d’identifier une personne sont précieuses pour innover et bâtir de nouveaux services, et entraver leur circulation revient à priver les entreprises d’une source cruciale d’innovation », souligne Viljar Lubi dans Le Figaro.
Dans les faits, les entreprises européennes n’auraient par exemple plus à dupliquer leurs systèmes informatiques et à multiplier les centres de sauvegarde de données.
Ce sommet de Tallin est aussi l’occasion de parler de cybersécurité et de numérisation des services publics, l’Estonie étant en pointe sur ce sujet.
Avec businessinsider