- L’interview d’Emmanuel Macron par les journalistes de BFM TV et Mediapart dimanche a été émaillé de moments de tension.
- L’exercice de communication a permis au président de la République de se montrer « viril » face à des intervieweurs pugnaces.
- De la définition de la fraude fiscale à la ZAD de Nantes, plusieurs sujets ont fait sortir Emmanuel Macron de sa réserve.
Jean-Jacques Bourdin de BFM TV et Edwy Plenel de Médiapart ont interviewé le président de la République Emmanuel Macron pendant 2 heures 30, dimanche soir, en direct.
Les observateurs ont constaté que l’entretien était émaillé de moments de tension, les deux journalistes tentant de faire preuve de plus de pugnacité que leurs confrères rompus à l’exercice de l’interview présidentiel.
« Nous sommes là pour poser les questions (…) elles peuvent vous déplaire mais nous sommes là pour le faire », a notamment rappelé Edwy Plenel, journaliste d’investigation et fondateur de Mediapart. « Vous n’êtes pas le professeur et nous ne sommes pas les élèves », a-t-il rappelé par ailleurs.
Attaqué, Emmanuel Macron a pu de son côté se servir de la situation pour communiquer sur sa « virilité », comme l’a souligné Christophe Castaner ce lundi matin sur Europe 1.
Résultat, l’interview a viré au « débat presque électoral », a expliqué lundi 16 avril sur franceinfo, le politologue, Bruno Cautrès.
Voici les sujets et questions qui ont fait sortir Emmanuel Macron de ses gonds:
- Question de Plenel sur l’absence du peuple syrien dans son discours.
Macron: « De là où je suis on ne peut pas se contenter de donner des leçons de morale depuis Paris ». - Plenel: « Il y a un problème démocratique, vous êtes seul à décider. Le parlement n’a pas de contrôle sur ce que vous faites. Vous trouvez ça normal ce pouvoir archaïque? »
Macron: « Le pouvoir du Parlement est défini par notre constitution. On ne va pas changer de constitution parce qu’elle ne vous convient pas. » - Plenel: « Vous avez appelé votre mouvement En Marche, n’auriez-vous pas dû l’appeler ‘En Force‘?
Macron: « Est-ce une question ou un plaidoyer? » - Questions inaudibles de Plenel et Bourdin sur « l’évasion fiscale« , terme que Macron refuse d’employer.
Macron évoque des « approximations » et des « contre-vérités »: « En Europe, vous avez des différences de fiscalité, qui créent, non pas de la fraude, et c’est là où votre raisonnement, permettez-moi de vous le dire, est faux. » - Bourdin: « Vous êtes l’ami de Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France. »
Macron: « Je n’ai pas d’amis… Je suis le président. (…) Ni vous ni moi, n’êtes des juges autour de cette table, vous êtes des intervieweurs. (…) Je ne suis pas là pour juger tel ou tel, je ne vais pas vous dire ‘votre ami Xavier Niel ou M. Drahi font la même chose’, c’est ridicule. Vous avez des actionnaires, des employeurs. Le sujet est trop important pour que nous nous laissions divertir. » - Question d’Edwy Plenel sur l’indépendance de l’administration fiscale.
Macron: « Vous-même vous avez décidé de vous affranchir des règles fiscales en 2014 et l’administration fiscale vous a contrôlé.
Plenel: « C’est totalement mesquin. On a amené un combat pour l’égalité entre la presse papier et la presse en ligne. »
Macron: « On peut mener un combat sans s’affranchir des règles ». - Bourdin à propos du plan social chez Carrefour: « Votre rôle est tout simple, faire en sorte que tout cela soit un peu plus égalitaire. »
Macron: « Je vous remercie de me donner des instructions sur ce que je devrais faire. » - Plenel: « Vous célébrez mai 68 à votre manière en envoyant les CRS dans lesuniversités? »
Macron: « Vous n’êtes pas sérieux. Il ne faut pas dire tout et n’importe quoi. » - Plenel évoque les projets des Zadistes de Notre-Dame-des-Landes et la destruction de la ferme des 100 noms.
Macron: « Je vais m’installer dans votre salon et de dire que c’est un projet agricole alternatif. » - Plenel évoque une conversation privée avec Nicolas Hulot.
Macron: « Vous êtes le ventriloque d’aucun ministre. »
Avec businessinsider