Les financiers créeraient une société ad hoc pour organiser ce tournoi estampillé Fifa, dont la première édition aurait lieu en 2021. Puis, ils tenteraient de le rentabiliser en le vendant aux télévisions et aux sponsors.

L’affaire n’est pas dans le sac, car les Européens, censés fournir 12 clubs sur les 24, voient d’un mauvais oeil l’émergence d’une compétition concurrente de leur très rémunératrice Champions League (4,5 milliards d’euros de recettes prévues dans les quatre ans à venir). Mais le boss du foot mondial va quand même tenter de les convaincre rapidement tant ce nouveau gâteau est appétissant.

Incroyable FIFA ! L’association qui supervise l’organisation du jeu est courtisée comme jamais alors même qu’elle est universellement considérée comme un club de malfaiteurs. Petit rappel des faits. Voilà trois ans, la police suisse, à la demande du FBI, a fait une descente dans un hôtel de Zurich pour embarquer sept hiérarques du football mondial, soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin sur des contrats marketing et pour appuyer des candidatures à l’organisation du Mondial, dont celle du Qatar. D’autres arrestations ont suivi et, à ce jour, 23 personnes, apparatchiks de la Fifa ou businessmen en affaires avec elle, plaident coupables devant un tribunal new-yorkais.

Le coup de balai a fait perdre sa place à l’inamovible Sepp Blatter, président de l’institution depuis 1998, et, par ricochet, a mis hors jeu son possible successeur, notre Michel Platini national, soupçonné lui aussi d’avoir touché de l’argent indûment. Mais cet énorme scandale – une affaire parmi beaucoup d’autres – n’a pas empêché l’institution d’encaisser des sommes de plus en plus phénoménales : les recettes qu’elle a amassées pour le Mondial 2018 (droits télé, sponsoring, hospitalité pour VIP, etc.) s’élèvent à 4,6 milliards d’euros, presque 2 milliards de plus qu’en 2010 pour le tournoi sud-africain.

Si, quelles que soient ses turpitudes, la Fifa reste assise sur un tas d’or, c’est qu’elle veille aux destinées du sport roi, pratiqué par près de 300 millions d’être humains. L’audience du Mondial est telle – plus de 1 milliard de téléspectateurs ont regardé la finale au Brésil – que les chaînes de télé signent des chèques de plus en plus fous pour en être. Le tandem TF1-BeIN aurait aligné plus de 170 millions d’euros pour se partager l’édition 2018, 40 de plus que les droits français de 2014. L’américain Fox, pour sa part, a sorti 200 millions de dollars, alors même que l’équipe des Etats-Unis n’est pas qualifiée.

Les plus gros sponsors, au rang desquels on compte désormais des Chinois (le fabricant de télé Hisense, la laiterie Mengniu et le groupe touristique Wanda), doivent payer aux alentours des 100 millions d’euros, rien que pour voir leur nom autour des stades. Adidas, Visa et McDonald’s, qui avaient menacé de se retirer après le scandale de 2015, n’en ont évidemment rien fait.

Avec capital