Abidjan – Entre 3.000 et 5.000 militants, selon les estimations de lav police et des organisateurs, ont participé samedi à Abidjan à un meeting de la coalition contre le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Outtara, seul candidat d’envergure déclaré avant la présidentielle d’octobre, a constaté l’AFP.
Les cris de « Libérez (Laurent) Gbagbo » ont émaillé la manifestation, qui s’est tenue de 11H30 à 14H00 (locales et GMT) à Yopougon, une commune d’Abidjan considérée comme favorable à l’ex-président ivoirien, détenu depuis trois ans par la Cour pénale internationale (CPI), où son procès pour « crimes contre l’humanité » débutera le 10 novembre.
« Ce rassemblement n’est pas encore suffisant pour faire peur à Ouattara », a convenu Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale sous Laurent Gbagbo et instigateur de la Coalition nationale pour le changement (CNC), qui a appelé à entreprendre une démarche de « séduction » des militants pro-Ouattara avant la présidentielle.
« Ouattara, son bilan politique, économique et social est mauvais, a affirmé M. Koulibaly. La CNC offre une alternative. »
Officiellement lancée le 15 mai, la coalition réunit désormais une vingtaine de personnalités politiques ivoiriennes issues de la majorité comme de l’opposition, dont la plus illustre est l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny (majorité).
« Nous sommes la nouvelle Côte d’Ivoire », a lancé ce dernier, vêtu d’un élégant habit traditionnel gris, appelant les militants à « aller s’inscrire sur les listes électorales ».
La Côte d’Ivoire vivra en octobre une présidentielle qualifiée de cruciale pour la stabilisation du pays, après la crise post-électorale de 2010 2011.
Plus de 3.000 Ivoiriens étaient morts en cinq mois de violences causées par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara.
« En cinq ans, Alassane Ouattara n’a rien fait », a harangué Bertin Konan Kouadio, député de la majorité et figure de la CNC. « Nous sommes nombreux, nous sommes une force. Nous sommes capable de le chasser du pouvoir », a-t-il lancé, sous les vivats de la foule.
La CNC exige la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’elle considère favorable au président sortant, et demande la libération des « prisonniers politiques », notamment de Laurent Gbagbo.
Alassane Ouattara est considéré comme le grand favori du scrutin à venir.
Son bilan économique et social est loué par la communauté internationale, qui se montre plus sceptique quant à la réussite de la réconciliation qu’il prône.
Source : AFP