Le Sénégal tourne le dos au modèle minier purement extractif. Réuni avec la presse à Diamniadio, le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikh Oumar Seck, a décliné une feuille de route ambitieuse articulée autour de trois axes : transformation locale des ressources, projets catalytiques et modernisation de l’administration minière.
L’ambition affichée est de faire du secteur minier l’un des quatre moteurs du développement économique du pays. Sur le fer, l’État vise la création d’une industrie sidérurgique nationale produisant de l’acier local, adossée à la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Tambacounda et la création d’une nouvelle ligne de 240 km vers Kédougou.
Sur le phosphate, l’objectif est de transformer localement les 130 millions de tonnes de réserves de Matam en engrais pour assurer la souveraineté alimentaire nationale.
La question de la souveraineté est au cœur de la réforme. L’État entend porter sa participation dans les projets futurs de 10% à 25%, s’appuyant sur la société nationale SOMISEN pour détenir ses propres titres d’exploitation. L’exploitation semi-mécanisée, la petite mine et l’orpaillage artisanal seront désormais réservés exclusivement aux Sénégalais.
Sur l’or, 40 tonnes produites annuellement, le gouvernement prévoit la création de comptoirs d’achat nationaux, d’une raffinerie et de couloirs d’orpaillage pour sécuriser la production et alimenter le marché local.
Un nouveau Code minier sera prochainement soumis au Parlement, accompagné d’une digitalisation totale des procédures via un guichet unique. La réforme prévoit également une réglementation commune avec le Mali et la Guinée pour protéger les cours d’eau transfrontaliers, attendue pour août.






