En plus rebuter les compagnies aériennes internationales, le blocage des devises des transporteurs aériens au Nigeria pourrait devenir selon l’IATA un gros obstacle à la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain.
Les vols Emirates Airlines en partance de Dubaï pour le Nigeria reprendront dès le 1er octobre prochain, a annoncé la compagnie. Le transporteur émirati avait suspendu cette ligne en novembre 2022, pour la 2ème fois cette année-là, évoquant des difficultés à rapatrier ses fonds d’un Nigeria confronté depuis quelques années à une pénurie persistante de devises étrangères.

Plusieurs réunions avec le gouvernement ont eu lieu, au cours desquelles Emirates avait exigé le rapatriement d’au moins 80% de ses fonds bloqués, et une garantie pour éviter de futurs retards et accumulations de ses fonds dans le pays. On ignore encore la teneur des tractations qui ont conduit à cette décision de la compagnie de relancer sa desserte nigériane.
Les pénuries de devises obligent la banque centrale nigériane à gérer prudemment les réserves disponibles et à prioriser certains engagements. Le pays tire en effet la majeure partie de ses devises des ventes de pétrole, une ressource dont les prix sont volatils sur le marché international. A cela s’ajoutent les difficultés à contrôler le marché noir, alimenté par le brut siphonné des pipelines qui font l’objet de sabotages réguliers par des réseaux mafieux.
En janvier 2024, l’IATA (International Air Transport Association) avait estimé à plus de 700 millions USD les fonds appartenant aux compagnies aériennes piégés au Nigeria. Plus d’une dizaine d’autres pays africains figurent parmi les plus importants débiteurs de ces transporteurs.
Avec Agence Ecofin





